La même figure, à explorer
Les trois barres du post, une mesure à la fois, sur toutes les années 2011-2024 et non plus une année sur deux, avec en plus le taux implicite de taxe (taxes divisées par la consommation, en €/MWh). Cliquez sur un vecteur dans la légende pour le retirer ou le remettre ; survolez une année pour le détail ; la vue « tableau » donne les nombres. Engendré depuis le CSV ci-dessous par build_interactif.py.
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Le texte du post
Asymétrie entre vecteurs énergétiques (2/2). Pétrole, gaz, électricité : comment chacun pèse sur la balance commerciale, ce que chacun rapporte comme taxes à l’État et ce à quoi il contribue en énergie finale.
Nous avons là, côte à côte, pour la France et pour neuf années entre 2012 et 2024, par vecteur énergétique, trois choses : ce que chaque énergie coûte à la balance commerciale (barre de gauche, de 60 à 120 milliards environ), combien on en consomme (barre pointillée, axe de droite, environ 1 500 TWh), et ce qu’elle rapporte en taxes à l’État (barre hachurée, environ 60 milliards). Les couleurs sont les mêmes dans les trois barres.
Toujours ce gaz qui ne rapporte pas grand-chose à l’État (troisième barre), pèse sur la balance commerciale (première barre), mais pas trop sur le budget des Français, jusqu’à 2022.
En 2022, la facture énergétique de la France double d’un coup, de 46 à 118 milliards d’euros. Et les recettes fiscales sur l’énergie, elles, baissent, de 59 à 56 milliards. Sur la seule électricité, elles tombent de 16 à 9 milliards, puis à 7 en 2023. L’année où l’énergie a coûté le plus cher au pays est celle où l’État a le moins prélevé dessus : l’année du bouclier tarifaire, que l’on paie encore aujourd’hui.
Autrement dit : le seul vecteur énergétique qui pèse positivement sur la balance commerciale est aussi celui qu’on taxe le plus lourdement au regard de cette contribution. C’est celui qui permet notre indépendance énergétique et dont on doit développer les usages pour la décarbonation.
Notre consommation de gaz doit être divisée par trois. Mais c’est l’énergie de réseau la moins chère, celle qui ramène le moins de rentrées fiscales, et celle dont le poids sur la balance commerciale a le plus augmenté ces dernières années.
Pour le pétrole, les choses sont mieux en place, et la voiture électrique décolle. Pour la chaleur électrique, résidentielle et industrielle, qui doit remplacer le gaz en grande partie, nous n’y sommes pas encore, et l’on peut se demander si notre fiscalité est la bonne.
Source : bilan énergétique du SDES, séries longues 2011-2024.
Trois précisions par rapport au post
- « Celui qu’on taxe le plus lourdement » vaut au regard de la contribution commerciale, pas en €/MWh : en 2024 le taux implicite est de 57 €/MWh sur le pétrole, 34 sur l’électricité, 21 sur le gaz. Rapportées à la balance commerciale, les taxes font 0,92 fois le déficit pétrolier, 0,32 fois le déficit gazier, et l’électricité est le seul vecteur taxé (13 Md€) tout en étant excédentaire (5 Md€).
- Le gaz est l’énergie de réseau la moins chère et la moins fiscalisée ; le bois de chauffage est moins cher encore (52 €/MWh contre 136 pour le gaz des ménages en 2025) et presque sans fiscalité (0,2 Md€, le segment vert de la figure).
- Le pétrole pèse plus que le gaz sur la balance commerciale toutes les années (44 contre 17 Md€ en 2024). Ce qui est vrai du gaz, c’est que son poids a le plus augmenté : ×3,3 entre 2021 et 2022, de 14,6 à 47,5 Md€.
Sources
- SDES, Bilan énergétique de la France, séries longues 2011-2024 (balance commerciale par produit, consommation finale, fiscalité par vecteur)
- SDES, la fiscalité environnementale en France, état des connaissances en 2025
Données
donnees_facture_et_taxes_fr_2011-2024.csv— Par année : facture énergétique, taxes brutes et nettes, consommation finale, et pour chaque vecteur (charbon, pétrole, biocarburants, gaz, électricité, biomasse-chaleur) le solde commercial, les taxes et le volume.
Code
Le code qui produit la figure est dans le dépôt public linkedinposts, dossier energy_taxes.
Pour refaire la figure :
cd energy_taxes
python3 prepare_bilan_sdes.py # lit le classeur SDES des séries longues
python3 plot_facture_taxes_vecteur.py --lang fr
python3 plot_facture_taxes_vecteur.py # version anglaise ; --toutes : 2011-2024 année par année
Le CSV préparé est dans le dépôt : le script de tracé tourne sans l’étape prepare. Le classeur SDES (média 9283) doit être déposé à la main dans bibliographie/xlsx/ pour la refaire.
Tous les fichiers de ce post (figures, données, scripts) sont dans le dossier 2026-09-11-facture-et-taxes-par-vecteur du dépôt public.
Code sous licence MIT ; textes et figures sous CC BY 4.0 ; les données restent sous la licence de leur producteur.