Les sources chiffrées de ce post sont dans
sources.mddu dossier : c’est là que se trouvent les valeurs, leurs unités et leurs millésimes, et non sur l’image.
Le texte du post
Si ArcelorMittal a renoncé à 1,3 milliard d’euros de subventions publiques allemandes, c’est bien que le principal enjeu de la réduction directe du minerai de fer à l’hydrogène n’est pas le coût d’investissement. C’est le coût du carbone, trop faible, et celui de l’hydrogène bas carbone, trop élevé. Mais est-ce seulement cela ?
Juin 2025 : ArcelorMittal abandonne ses deux projets allemands, Brême et Eisenhüttenstadt, et laisse les 1,3 milliard. « Même avec le soutien financier, le modèle économique ne tient pas. » Février 2026, Dunkerque : le même montant est investi, mais dans un four électrique de 2 millions de tonnes pour 2029, et le projet à l’hydrogène est suspendu. Thyssenkrupp construit bien sa cuve à Duisbourg, mais la fera tourner au méthane, et a suspendu son appel d’offres d’hydrogène vert faute de prix acceptable.
Aucun de ces industriels n’a renoncé à décarboner. Ils ont arbitré. Le four électrique pour le recyclage est la brique la moins chère, et rien ne les oblige à aller plus loin — mais le recyclage ne peut pas tout couvrir.
Pour l’hydrogène, il reste l’espoir que les e-carburants et l’ammoniac portent son essor. Avec une option (un risque ?) pour l’Europe : qu’ils soient fabriqués là où il y a du vent et du soleil. En Arabie saoudite, NEOM met en service 2,2 GW d’électrolyseurs sur 4 GW de solaire et d’éolien : jusqu’à 1,2 million de tonnes d’ammoniac vert par an, premier produit en 2027, et fait pour l’export. Le coût d’abattement de l’acier réduit à l’H2 vert est entre 200 et 300 €/tonne selon la provenance de l’H2, soit, sur une voiture neuve à 36 000 euros, moins de 500 euros à ajouter. Au moment où l’on finance l’e-fuel à plus de 1 500 euros la tonne, la stratégie européenne et nos réglementations posent question.
Mais peut-être qu’Arcelor a tiré un trait sur l’hydrogène pour une autre raison ? Car une autre voie avance : l’électrolyse directe du minerai. SIDERWIN, le projet européen, est devenu Volteron avec John Cockerill : un pilote tourne depuis 2025, une première usine de 40 000 à 80 000 tonnes de plaques de fer est visée pour 2027. L’électrolyse saute l’hydrogène : de l’électricité au fer, une seule conversion au lieu de deux.
C’est le sujet des vidéos de ma petite chaîne YouTube. C’est très artisanal, mais ça rassemble des contenus pédagogiques en format court. Les cinq premières sont en ligne sur l’acier, de la fabrication à l’électrolyse — comment une usine fonctionne, et comment on la transforme. Celle sur l’hydrogène montre le four qui tourne déjà : 140 millions de tonnes de fer préréduit en 2024, 7 % de l’acier mondial, les deux tiers au gaz naturel.
Sources : ArcelorMittal, thyssenkrupp Steel, John Cockerill, NEOM Green Hydrogen Company, Midrex. Les vidéos : youtube.com/@energy_alternatives
Deux formulations précisées par rapport au post
- « entre 200 et 300 €/tonne » est un coût d’abattement, donc des euros par tonne de CO2 évitée, et non par tonne d’acier. C’est ce qui rend la suite cohérente : 200 à 300 €/tCO2 × 1,37 tCO2 évitée par tonne d’acier × 0,8 tonne d’acier par voiture donne 220 à 330 euros par voiture, soit bien « moins de 500 euros ».
- France Stratégie refuse un chiffre unique pour la réduction directe à l’hydrogène produit en France — le résultat dépend trop du prix de l’hydrogène retenu. Les 200 à 300 €/tCO2 encadrent les voies chiffrées du rapport et l’hypothèse d’un hydrogène importé ; ce n’est pas une ligne du tableau, c’est une fourchette de lecture.
Sources
- ArcelorMittal annule ses deux projets allemands de réduction directe à l’hydrogène malgré 1,3 Md€ de subventions — Hydrogen Insight, juin 2025
- ArcelorMittal confirme la construction d’un four électrique à Dunkerque — ArcelorMittal France, février 2026
- ArcelorMittal confirme un investissement de 1,3 milliard d’euros à Dunkerque pour un four électrique — Le Journal des Entreprises
- Hydrogène vert : le projet d’H2V à Dunkerque est en suspens — Le Journal des Entreprises
- thyssenkrupp Steel, stratégie climat — la cuve de réduction directe de Duisbourg démarre au gaz naturel
- thyssenkrupp Steel suspend son appel d’offres d’hydrogène vert faute de prix acceptable — Eurometal
- ArcelorMittal et John Cockerill : première usine industrielle d’électrolyse du fer à basse température (Volteron, ex-SIDERWIN)
- NEOM Green Hydrogen Company — 2,2 GW d’électrolyse, 4 GW de solaire et d’éolien, jusqu’à 1,2 Mt/an d’ammoniac vert
- ACWA Power, fiche du projet NEOM Green Hydrogen — 600 t/j d’hydrogène, premier produit en 2027
- Midrex, World Direct Reduction Statistics 2024 — 140,8 Mt de fer préréduit, dont ≈ 68 % en fours à cuve au gaz naturel
- Reels « acier » — la chaîne YouTube dont le post annonce les cinq premiers épisodes
Code
Le script build_figure.py produit la figure à lui seul.
Pour refaire la figure :
python3 build_figure.py # figure_chaine_fr.png, 1800×752
Le script ne lit aucune donnée : il remonte la bande depuis les cinq couvertures des reels (energy-alternatives/assets/reels/acier_N.jpg), dans l’ordre 1 → 5, fond opaque, adresse de la chaîne et millésime imprimés dessus. C’est le choix qui distingue cette image d’une capture d’écran : elle se refait à l’identique.
Tous les fichiers de ce post (figures, données, scripts) sont dans le dossier 2026-09-17-hydrogene-dri-en-question du dépôt public.
Code sous licence MIT ; textes et figures sous CC BY 4.0 ; les données restent sous la licence de leur producteur.