28 territoires pour sortir du gaz : la bonne décision, sans la méthode

Voir le post et ses commentaires sur LinkedIn · publié le 24 septembre 2026 · tous les posts

28 territoires pour sortir du gaz : la bonne décision, sans la méthode
Douze des 28 territoires retenus par l'État pour réduire leur réseau de distribution de gaz d'ici 2030 : ce sont les seuls nommés publiquement en septembre 2026 (L'Opinion ; dossier de presse du ministère chargé de l'Énergie, 11 septembre 2026). Le classement métropole, agglomération, rural est celui de la presse. Photos : Wikimedia Commons, auteur et licence sur chaque vignette.

Les photos de la figure restent sous leur licence d’origine (CC BY-SA 3.0 ou 4.0, auteur gravé sur chaque vignette) ; la mosaïque est donc diffusée sous CC BY-SA 4.0, et non CC BY 4.0.

Le texte du post

L’État vient de retenir 28 territoires, sur 109 examinés, pour réduire la taille de leur réseau de distribution de gaz d’ici 2030. Six métropoles, des agglomérations moyennes, des territoires ruraux comme le Royans-Vercors ou la Haute-Corrèze.

C’est une bonne initiative ! La consommation de gaz doit baisser d’environ 70 % d’ici 2050 selon la SNBC 3, et un réseau coûte à peu près la même chose qu’on y fasse passer beaucoup ou peu de molécules. Les consommateurs paient aujourd’hui près de 7 milliards d’euros par an pour les infrastructures gazières, dont plus de la moitié pour la seule distribution. Quand les volumes partent et que les coûts restent, l’addition se concentre sur ceux qui restent. Ce n’est pas une projection : le tarif de distribution de GRDF a augmenté de 27,5 % en juillet 2024, pour plus de moitié à cause de recettes plus faibles que prévu et de la baisse des consommations. À Grenoble, dont le réseau a son propre gestionnaire, ce tarif valait encore 186 % de celui de GRDF jusqu’en juin 2026, avant qu’un tarif national unique ne répartisse ce surcoût sur tous les abonnés.

Pourquoi c’est difficile. Fermer une poche de réseau de gaz n’est pas une décision gazière. C’est un arbitrage entre trois infrastructures : réseau électrique, réseau gaz et réseau de chaleur. Ce que le gaz ne fait plus, il faut que l’électricité ou la biomasse le fasse — et le réseau de distribution d’électricité encaisse le véhicule électrique, le photovoltaïque, et il est déjà fragile lors de la pointe d’hiver. Par froid extrême, le chauffage électrique, qui équipe environ 40 % des logements, peut appeler jusqu’à 45 GW, près de la moitié de la pointe française. La valeur du réseau de gaz, c’est en partie le renforcement électrique qu’il évite. Et ce renforcement évité ne vaut pas la même chose dans un lotissement des années 1970 et dans un centre-bourg rural.

Autrement dit, la bonne question n’est pas « où le gaz baisse-t-il ? » mais « où le coût complet des trois réseaux baisse-t-il si l’on ferme ? ». Elle a une deuxième moitié, que l’on oublie parfois : ce coût de renforcement électrique n’est pas une donnée, il dépend de la flexibilité qu’on est capable de mobiliser. Piloter la recharge et les pompes à chaleur peut faire basculer l’arbitrage dans un sens comme dans l’autre.

Personne, en France, ne l’a calculé à la maille fine et nous avons développé les outils pour le faire, notamment dans le projet FlexVal pour lequel nous recrutons aujourd’hui. Les 28 territoires vont donc instruire d’ici 2030 une question pour laquelle nous développons activement les outils. Des outils open source !

Sources en commentaire.

Sources

Code

Le script build_figure.py produit la figure à lui seul.

Pour refaire la figure :

python3 build_figure.py                     # deux formats, deux langues
python3 build_figure.py --format portrait --lang fr

Le script ne calcule rien et ne lit aucun fichier de données : il télécharge douze photos libres de Wikimedia Commons, vérifie leur licence, grave l’auteur et la licence sur chaque vignette et assemble la mosaïque. La provenance de chaque photo est dans photos.json.

Tous les fichiers de ce post (figures, données, scripts) sont dans le dossier 2026-09-24-sortie-du-gaz-28-territoires du dépôt public.

Code sous licence MIT ; textes et figures sous CC BY 4.0 ; les données restent sous la licence de leur producteur.